Naissance de la Poésie Française (gravure G.Texier 1782)
Naissance de la poésie Française
" Les premiers qui au commencement du douzième siècle, entreprirent de plier la langue à la versification, inventère la Rime ou le retour périodique des mêmes syllabes, pour marquer les tems ; et en formèrent des chansons tristes ou gaies, des pastorales, des récits d’avantures merveilleuses qu’ils nommères Fabliaux.
Ces premiers poëtes qui prirent le nom de Troubadours, marchoient suivis de Jongleurs et de Ménétriers qui accompagnoient leurs chants du son des instrumens. Souvent, au milieu du repas, on les voyoit arriver à la cour d’un Baron ou ils étoient presque toujours surs d’être bien accueillis.
On les payoit en étoffes précieuses, en vaisselle où en chevaux. Les Dames, plus sensibles que les hommes à ces sortes d’amusements, y joignoient quelquefois des faveurs d’un plus grand prix, car parmi ces Troubadours on rencontroit des hommes du plus haut rang."
Cour d’Amour (graveur Garreau 1782)
Cour d’Amour
" Les Troubadours et tous ceux qui se méloient de rimer, choisissoient ordinairement pour sujet de leurs chants les effets de l’amour, c’est-à-dire les traverses ou les plaisirs des Amans. C’étoit le moyen le plus sûr d’intéresser la jeunesse de l’un et de l’autre sexe qui remplissoit la cour des Barons. Les maximes qu’ils avancoient donnoient quelquefois lieu à des contestations spirituelles, où chacun prenoit parti suivant ses intérêts.
Pour les vuider*, on formoit un tribunal de Dames les plus distiguées par leur prudence, leurs lumières et leur expérience : elles écoutoient les raisons des deux parties, et jugeoient souverainement.
Les plus célèbres de ces tribunaux en ce genre, étoient de Romanin et de Pierrelate en Provence.
En Picardie, ces Cours se nommoient Plaids et jeux sous l’Ormel, parceque c’étoit sur des lits de verdure et à l’ombre d’un Ormeau qu’elles tenoient les Séances. "
*vuider : départager (vider - séparer) - _ cf : Figures de l’Histoire de France chez Moreau le jeune Paris 1785.N° 139 et 140.
(Nous avons volontairement gardé le vieux françois pour les textes)
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