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La couleur au Moyen-Age

Au Moyen-Age, la couleur est de la lumière, son affaiblissement donne naissance aux différentes couleurs que l’on place sur un axe.
Le spectre lumineux n’existe pas et les mélanges de couleurs non plus, il n’y a pas de couleurs primaires et de couleurs secondaires.
Les six couleurs : blanc, jaune, rouge, vert, bleu et noir se situent sur une ligne entre un pôle blanc et un pôle noir (considérés aussi comme des couleurs). Une septième couleur est parfois associée, le violet médiéval trouve sa place entre le bleu et le noir ; c’est un "demi-noir".

Sensibilité

L’homme du Moyen-Age aime les couleurs, elles sont pour lui richesse, joie, sécurité. Cette débauche de couleurs vives apparait bariolée pour nos critères esthétiques contemporains, alors qu’il faut retrouver une distinction entre les couleurs juxtaposées et les couleurs superposées.

Au Moyen-Age, les couleurs superposées, placées sur des plans différents, constituent un système harmonieux et valorisant. Toute couche de peinture est d’abord mise en relation avec celles qui se trouvent en-dessous ou au-dessus, et ensuite seulement avec celles qui sont juxtaposées. Il faut donc lire plan par plan, en commençant par celui du fond et en terminant par celui de devant, le plus proche de l’œil du spectateur.

La perception des contrastes de couleurs est très différente de la nôtre. Au XII° siècle, le rouge et le vert ont un contraste faible presque un camaïeu (couleurs juxtaposées), alors que pour nous c’est un contraste violent car opposant une couleur primaire et sa couleur complémentaire. Inversement associer du jaune et du vert, deux couleurs voisines du spectre, est pour nous un contraste relativement peu marqué. Or c’est au Moyen-Age le contraste le plus brutal : on s’en sert pour vêtir les fous ou pour marquer tout comportement dangereux ou diabolique !

Symbolisme :

Le bleu est une couleur chaude et devient vers 1140 la couleur principale qui remplace le rouge de l’Antiquité, c’est la couleur préférée des populations européennes. Cela entraine le déclin des autres couleurs, mais le rouge reste très présent et se trouve très souvent opposé au bleu.
Le rouge, intervient violemment (en bien ou en mal) c’est la couleur de la passion du péché.
Le vert, la couleur qui est cause de rupture, de désordre puis de renouveau.
Le bleu, celle qui calme ou qui stabilise.
Le jaune, celle qui excite ou qui transgresse.

Les vêtements

Contrairement à une idée reçue, au Moyen-Age tous les vêtements sont teints, y compris ceux des classes les plus pauvres. Mais il y a une grande différence dans la qualité de la teinture. Les vêtements riches sont caractérisés par l’intensité et l’éclat de la couleur et la résistance de la teinture au lavage et à la lumière et aux effets du temps. Les pauvres, les humbles, portent des vêtements aux couleurs délavées, grisées, parce qu’ils sont teints avec des matières colorantes de moindre prix, presque toujours végétales, qui disparaît au lavage ou au soleil.
"Une erreur fréquente chez les reconstituteurs : les teintures de mauvaises qualité donnent certes des couleurs passées, mais un rouge mal teint ne donne pas du rose ou de l’orangé. On ne parvient en effet à obtenir ces deux teintes qu’à partir de la fin du XIII° siècle en Italie et du XIV° siècle en France. (voir Michel Pastoureau, Jésus chez le teinturier)"
Là se situe l’écart chromatique le plus grand dans les pratiques vestimentaires du Moyen-Age.

- Pour en savoir plus sur la teinture végétale : " Michel Garcia et Anne-France Bernard - Plantes colorantes - Teintures végétales - Le nuancier des couleurs- édisud 2006"

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Vêtement Moyen Age extrait du jeu Scarabeo

Le noir

A partir du XV° siècle l’usage de vêtements sombres, préconisé par tous les grands réformateurs s’est généralisé en Europe. Le noir catholique et le noir protestant semblent en effet se rejoindre. Les noirs catholiques devrait on dire : ceux de la cour d’Espagne avec les règles de l’étiquette curiale et ceux de la cour de Bourgogne, suite au deuil de Jean sans peur assassiné en 1419. Le noir protestant étant voulu par austérité. La couleur noir restera la plus employée jusqu’à nos jours.

Couleurs liturgiques
Les couleurs liturgiques ont été établies par l’Église vers 1210, sous Innocent III et alterneront selon les époques entre faste et sobriété.
Voici la distribution et la signification des couleurs tout au long de l’année liturgique :
Le blanc, symbole de pureté est utilisé pour les fêtes des anges, des vierges , des confesseurs, pour Noël et l’Epiphanie, pour le Jeudi saint et le dimanche de Pâques, pour l’Ascension et la Toussaint.
Le rouge, qui rappelle le sang versé par et pour le Christ, s’emploie pour les fêtes des apôtres et des martyrs, pour celles de la Croix et pour la Pentecôte.
Le noir, lié au deuil et à la pénitence, sert pour les messes des défunts , pendant l’Avent, pour les saints Innocents et de la septuagésime à Pâques (c’est le violet maintenant).
Le vert, enfin, est sollicité pour les autres jours. (le vert est une couleur intermédiaire entre le blanc, le noir, et le rouge).
Il est à noter que le bleu n’est pas une couleur liturgique.

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cartes extraites du jeu Moyen-Age Scarabeo


voir jeu Moyen-Age
voir jeu Renaissance


L’or

L’église temple de la couleur est aussi temple de l’or. L’or reste souvent associé pour orchestrer des jeux de couleurs et de lumières qui sont autant de médiations entre le monde d’en-haut et celui d’en-bas. L’or est aussi pour l’église signe de pouvoir, sa valeur d’ostension et de médiation est considérable. L’or dans la sensibilité médiévale n’a que peu de rapport avec la couleur jaune, mais beaucoup avec la couleur blanche, un super-blanc intense nécessaire pour hiérarchiser le céleste ou le divin.

Héraldique

Les armoiries sont apparues dans les dernières années du XII° siècle, mais ce n’est qu’à partir de 1200- 1220 que leur usage atteint un réel développement, touchant l’ensemble des classes et des catégories sociales, le code des blasons est désormais stabilisé.
Les armoiries font partie du paysage quotidien, à partir du milieu du XIII° siècle les villages, les églises deviennent de véritables "musées" d’armoiries. Ces armoiries sont toujours porteuses de couleurs : même lorsqu’elles sont sculptées (sur les clés de voûtes et les pierres tombales) elles sont peintes, car les couleurs sont un élément indispensable pour les lire et les identifier.
A chacune des six couleurs correspond un terme spécifique dans la langue française du blason.
blanc : argent
jaune : or
rouge : gueules
bleu : azur
noir : sable
vert : sinople

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jeu des Blasons


voir jeu des Blasons



Pour en savoir plus :
sur la hiéraldique
sur la couleur
sur la couleur au moyen-âge
sur la couleur des enlumineurs
nuancier médiéval

signification des couleurs

Michel Pastoureau "Une histoire symbolique du Moyen-Age occidental" Seuil la librairie du XXI°siècle 2004

M.-M. Davy "Essai sur la symbolique romane (XII°siècle) Editeur Flammarion 1955

Frédéric Portal "Le symbolisme des couleurs", Réédition Pardès 1999 d’un livre de 1857.