Altération des Monnoyes Année 1295
" Quoique le droit de battre monnoie semble exclusivement attaché à la souveraineté, nos Rois le partagèrent long-tems avec un grand nombre d’ Evêques et de Barons à la seule différence que la monnoie des Barons n’avoit cours que dans les terres de leur Seigneurie, au lieu que celle du Roi s’étendoit à tout le royaume et que le Monarque conservoit un droit de police sur toutes ces fabriques particulières.
Philippe-le-Bel est le premier de nos Rois qui, contre la foi publique, ait fait de ce droit une resource de finances.
A la suggestion de deux Italiens, il mêla tant alliage dans les matières d’or et d’argent que trois deniers de son règne, n’avoient pas plus de valeur intrinseque qu’un seul de ses prédécesseurs.
Les Barons pousserent encore plus loin l’abus.
Le commerce fut anéanti et la confusion devint telle que ses successeurs n’y trouvèrent plus d’autre remède que de réunir à leurs Hôtels des Monnoies toutes ces fabriques particulières et de transiger en quelque sorte avec la Nation, qui consentit à leur payer un impôt permanent pour leur tenir lieu de profit ruineux.
Philippe qui d’ailleurs avoit des vertus dignes du trône fut flétri du nom de Faux Monnoyeur. "
_ cf : Figures de l’Histoire de France chez Moreau le jeune Paris 1785.N° 149 (Nous avons volontairement gardé le vieux françois pour les textes)
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