" Dans un siècle où la force étoit la mesure de tout, c’étoit presque la seule qualité que des Pères souhaitassent à leurs enfans et que tous ceux qui étoient nés avec une certaine élévation s’éfforcassent d’acquérir. Aussitôt que le fils d’un Gentil-homme avoit atteint l’âge de cinq ou six ans, on le plaçoit dans la maison de quelque fameux Chevalier.
Après y avoir rempli les fonction de Page et d’Écuyer et de s’être endurci aux travaux militaires, sous les yeux de son maître, si sa fortune lui permettoit de se procurer des chevaux de bataille et une armure complette, il supplioit le Guerrier le plus distingué, soit par son rang, soit par ses exploits, de vouloir bien l’armer Chevalier.
La Cérémonie se fesoit ordinairement de la manière suivante. Le Candidat après avoir passé la nuit en prières, alloit le landemain, accompagné de Dames et d’Écuyers qui portoient chacun une pièce de son armure, se mettre à genoux devant le Prince ou le Chevalier : Celui ci lui faisoit jurer qu’il verseroit son sang pour la déffense de la Religion, des Dames et de Opprimés ; puis le frappant légérement de son épée, disoit,
de par Dieu Notre -Dame et Monseigneur St Denis, Je te fais Chevalier.
Les Dames ou Demoiselles lui attachoient le Ceinturon, les Éperons dorés et les Écuyers le couvroient des autres parties de son Armure."
_ cf : Figures de l’Histoire de France chez Moreau le jeune Paris 1785.N° 115
(Nous avons volontairement gardé le vieux françois pour les textes)
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